Carrière : Elevage de Chèvres dans le Larzac ?

C’est le genre de déclaration qu’on prononce pour détendre l’atmosphère.

« Non mais de tout façon, je vais finir par me barrer et aller élever des chèvres dans le Larzac »

D’autres variantes existent bien entendu : Pâtisserie, Tour du monde, Epicerie vrac, Foodtruck,… tout y passe.

Mais toutes ont en commun de laisser transparaître une petite vérité. Le genre de pensée qui, lorsque vient le moment (généralement le soir et un peu éméché) de contempler l’oeuvre de sa vie, se veut insistante.

« Et si je plaquais tout ? »

Les philosophes y verront la pulsion d’aventure qui nous habite tous,

Les économistes, une mutation du « marché du travail »,

Et les coachs en développement personnel, l’intarissable « perte de sens » qu’on appelait autrefois la « crise de la —-taine » (vingtaine, trentaine, quarantaine, cinquantaine, au choix).

Mais que ce soit une « pulsion », une « perte » ou une « crise », on a vite fait de traiter le « patient » avec fatalisme, résignation et parfois même condescendance.

On lui pose des questions, lui dit qu’il ou elle ne peut pas faire ça, que ça lui passera, etc.

Mon but n’est pas de faire mon beurre sur le « bien-être », la « quête de sens »,

Ni même dévaloriser ces émotions et ces sentiments bien réels.

Non, ce qui me chagrine, c’est que tout se passe comme si la société nous mettait face à deux choix et deux choix seulement :

  1. Continuer le business as usual (aussi « useless », « boring » ou « burnouting » soit il)
  2. Quitter le combat, rendre les armes et se « recentrer » (après tout, on a qu’une vie, autant essayer d’en être content le plus vite possible – elle sera certainement plus courte que prévue)

Moi et mon petit microcosme.

Désolé de vous dire ça mais personnellement, je trouve ça un peu égoïste.

Parce que bizarrement, ce ne sont jamais les plus crétins qui ont ce genre de réfléxion.

Mais plutôt celles et ceux qui ont tout donné, qui se sont frayé un chemin avec persévérance et qui, finalement, se rendent compte que ce n’était pas franchement ce qu’on leur avait promis. L’image mentale ne correspond pas à la réalité.

La société se retrouve donc avec des personnes souvent incroyables, talentueuses, travailleuses et pleines de valeurs nobles, qui rêvent secrètement de la quitter.

Un beau gâchis.

C’est, pour moi, une sorte de Mozart assassiné, comme dirait St Exupéry.

Le salariat bas de gamme et sa machine à emboutir.

Pourtant, il y aurai une troisième voie.

Très loin de m’apitoyer sur la misère professionnelle que certain.e.s peuvent vivre, ce qui m’attriste surtout profondément, c’est de voir ces talents gâchés.

Comme si, là dehors, il n’y avait pas de combats qui les méritent.

Comme si leurs potentiels ne pouvaient pas être mis à profit de quelque chose de beau, de grand.

Comme si nous ne vivions pas dans le siècle charnière de notre civilisation.

Comme si le monde vivant n’était pas en train de s’éteindre irrémédiablement et avec lui la poésie d’être en vie.

Le monde entier n’a jamais été aussi intelligent et compétent, et si peu de personnes s’engagent à le rénover.

On préfère le business as usual ou la désertion.

C’est un peu cruel pour les générations futures ou le reste des Vivants, humains et non-humains.

 » Ce que je faisais pendant la Grande Extinction ? Je bossais pour Total et puis je suis parti.e élevé des chèvres, pour me recentrer « 

Merci Papa. Merci Maman.

Vous auriez pu être mes héros, mais vous m’avez laissé tomber.

Peut-être ignoriez vous le pouvoir et les talents que vous aviez.

Peut-être n’aviez vous pas compris la tragédie qui s’accomplissait.

Peu importe, le mal est fait.

J’aurai aimé vous savoir Résistants, ni collabos, ni « attentistes » ou en marge de la société.

Loin de moi l’idée, par cette micro-fiction/réalité, vouloir culpabiliser :

On est souvent très loin de comprendre l’impact qu’on peut avoir. Notre imaginaire nous veut tout petit dans ce grand monde, et les héros beaucoup trop grands.

Je me désespère seulement de contempler autant de « Mozarts assassinés ».

Autant de valeureux combattant.e.s et génies stratégiques qui s’ignorent et ne savent pas comment s’engager dans ces batailles.

Que l’Histoire serait triste si Frodon était resté dans la Comptée.

Pour prendre part aux défis de ce siècle, il faut commencer quelque part. Beaucoup de chemin est à parcourir et il est, par certain aspect, terrifiant.

Le plus simple est de commencer petit, en lisant chaque jour un email inspirant dans ce sens. C’est ce qu’on essaie de faire avec www.marketing-resistant.com . Rejoignez nous, vos talents peuvent changer les choses.

Carrière : Elevage de Chèvres dans le Larzac ?

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